Charlotte Roche - Zones humides

Publié le par Luscyhl

               


Journaliste
pour la télévision allemande, ancienne présentatrice de l'émission "Tracks" diffusée sur Arte, Charlotte Roche fait une entrée plus que remarquée sur la scène littéraire de son pays en 2008, avec un roman partiellement autobiographique intitulé Zones Humides. Best-seller international vendu à plus d'un million d'exemplaires, ce texte parfois qualifié de pornographique, vient briser des tabous persistants quant à la sexualité des femmes. Considérée comme une nouvelle figure féminine, la jeune auteur germano-britannique lutte contre contre l'excès d'hygiénisme et milite pour une réappropriation de son corps.

Extraits choisis :

"Depuis longtemps,  je fais des expériences avec ma chatte pas lavée. Le but étant qu'une odeur légère et entêtante se dégage de ma culotte, même à travers un jean épais ou une combinaison de ski.
Les hommes ne la perçoivent pas au niveau conscient, mais subliminal, car après tout, chacun sait que nous sommes des animaux désireux de s'accoupler. De préférence avec des êtres sentant la chatte.
C'est un bon moyen d'entamer un flirt sans pouvoir s'empêcher de sourire intérieurement, sachant ce qui remplit l'air de cette odeur appétissante et douce. Après tout, le parfum est censé avoir le ême effet.
On raconte à tout-va que le parfum produit une impression érotique sur autrui. Dans ce cas, pourquoi ne pas utiliser notre propre parfum, qui est bien plus éfficace ?
En vérité, tout le monde est excité par les odeurs de con, de queue et de sueur. Si la plupart des gens pensent que toutes les odeurs naturelles puent et que toutes les odeurs artificielles embaument, c'est dû à l'aliénation.
Quand une femme qui sent le parfum à plein tube passe près de moi, j'ai envie de vomir. Même si c'est porté avec beaucoup de chic. Qu'a t'elle donc à cacher ?
[...]
Mon smegma, je l'utilise comme d'autres le parfum de leurs flacons. Je m'enfonce vite le doigt dans la chatte, et je mets un peu de sécrétion derrière le lobe de l'oreille en tapotant : ça fait des miracles dès le premier baiser, quand on se rencontre. Ma mère avait une autre règle : une chatte est beaucoup plus sujette à la maladie qu'un pénis, et attrape bien plus facilement des champignons, des muguets et autres cochonneries.
Par voie de conséquence, les filles ne doivent jamais s'asseoir sur les toilettes chez les autres, ni dans les lieux publics.  On m'a appris à faire pipi en suspens, en position accroupie quoique surélevée, sans même effleurer le mobilier du pipi-room. J'ai déja constaté, à propos de bien des choses apprise, qu'elles étaient totalement dénuées de fondement.
Je me suis donc mise en devoir de réaliser moi-même une expérience in vivo sur ma chatte.
Moi, ça m'amuse énormément de m'asseoir systématiquement sur toutes les toilettes crasseuses et de m'en donner à coeur joie. D'ailleurs, avant de m'installer, je nettoie tout le pourtour avec ma minette, d'une habile rotation des hanches. Quand je pose ma chatte sur la lunette, j'entends un joli bruit de baiser mouillé, et j'absorbe tout ce que les autres ont laissé, que ce soient des poils, des tâches ou des flaques de couleurs et de consistances diverses.
Quantre ans de pratique sur toutes les toilettes, de préférence dans les relais d'autoroute où il n'y a qu'un seul W.C. pour les hommes et les femmes." 
                                                                                        

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