A comme Atypique

Publié le par Luscyhl

C’est l’histoire d’un trapu acolyte, mal rasé, tignasse grisonnante indomptée qui sort de son van comme on quitte un troquet. Allure nonchalante, mains dans les poches d’une veste noire étriquée, clope au bec et valises sous les yeux. Vous l’avez d’ailleurs bousculé en entrant, sans le savoir. Il avait failli renverser votre bière, quel con.

Maintenant, il est la, face à vous. On ignore comment mais on sait pourquoi. C’est un peu comme à la maison avec vos amis. On retire sa veste, on va se chercher une bière et on s’assoit. Il ne s’est pas bien ce qu’il peut vous raconter ; il n’est pas du genre loquasse. Les mots sont pauvres et éraillés mais la générosité est abondante et bouleversante. Vous le connaissez mal mais quand il chante Elle pense quand elle danse ou Quelqu’un a touché ma femme, vous changez d’avis. La sensibilité du compteur à décibels se voit alors effrontément dépassée. Vous refaites ensuite le monde, à coup de Putain putain. Puis vous sombrez avec Mourir à plusieurs. Vous voilà emporté dans un univers inclassable. Alors qu’il est temps de se dire au revoir, il s’exclame d’un français approximatif « Quel bazar ! Qu’est ce que ça fait du bien d’être entre nous. La dernière tournée, c’est la mienne. » Plus tard, il s’en va. Comme il est venu. Vous fermez la porte derrière vous. Un sourire en coin, vous murmurez « Sacré Arno ! »

 

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Publié dans Sur la ligne blanche

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