L'imposture n'est pas à une parenthèse près.

Publié le par Luscyhl

Ma vie a pris un tout autre tournant depuis que l’artothèque s’est mise au travers de mon chemin. Le principe n’a pourtant rien de mirobolant : ramener trois croûtes (invendables) chez soi tous les trois mois. Le tout pour 150 euros. Sans vouloir me mettre en avant, mais en matière d’éructation artistique, je suis pourtant le fruit des entrailles d’une femme mariée à un homme qui a beaucoup rendu. Un fasciné (dérangé) par le « Big Bang ». (Le jour où mes frères, ma sœur et moi-même avons dit à ma mère, à demi-mot dans son oreille, que nous avions peur de ses toiles dans le couloir, le temps s’est alors arrêté.) (Pourvu que Papa  ne lise pas ce message, je risque d’être privé à nouveau de Chocapic pour une semaine.) 

 

Mais j’avoue qu’il fallait y penser. Non vraiment, vous n’imaginez pas les possibilités que l’artothèque offre. Je ne parle évidemment pas de démarches « iniatiques », d’apprentissages culturels, d’hymne à l’esthétisme et toutes ces balivernes. Qu’est ce vous voulez que ça me foute de taper dans le culturel. Par contre, depuis que je vais à l’artothèque, j’assiste à des vernissages. J’suis (presque) invitée (je peux lire le lieu, la date et l’heure sur les affiches) désormais.

 

Se pavaner du haut de mon mètre soixante douze (+ 8cm de talon), avec mon petit coup de cœur Sandro (acheté avec un chèque sans provision à 19h54 au magasin), taille 34 (fermeture ouverte).

 

Prendre une ligne de coke (un pack de 1664), tassée avec ma gold (mozaïque) sur un torse imberbe et musclé (comptoir).

  

Féliciter le responsable de la petite sauterie sur la déstructuration à couper le souffle de ses œuvres ou encore décrire au combien je suis bouleversée par l’aspect sensoriel du tableau n’°11 tellement… enfin si… REEL !! (Les dents ravagées par les miettes des innombrables petits fours engloutis.) (Le traiteur a su davantage aiguiser ma curiosité et maîtriser mon attention : tiens j’ai pas goûté à celui-la… poisson ou viande ? Ah… légumes… humm pas mal non plus. Je vais en mettre quelques uns dans ma serviette, des fois qu’ils soient dévorés par tous ses pics assiettes. Ils sont chiants.) (Zéro culpabilité, demain j’irai transpirer sous les aisselles dans le club le plus mondain à des kilomètres à la ronde. Avec ma carte pour une séance gratuite d’essai. ) (Depuis 10 mois.)

 

Brûler de désir pour un quarantenaire (à nous deux), robe déchirée (posée délicatement sur un cintre, suspendu à ma fenêtre : les idées givrées pour l’empêcher de me démasquer moi et mes odeurs de tabac froid (demain 9h, ouverture du magasin), sous-vêtements éparpillés dans mon grand appartement (20 m²), orgasme assuré (Y’a quoi comme programme à la télé ce soir ?).

 

L’artothèque c’est vraiment très chouette.

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Publié dans Sur la ligne blanche

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